décembre 19, 2008 at 13:36 · Filed under Luxe, Ergonomie, E-Business
Vu tout à l’heure via une bannière sur LeMonde, un nouveau site deluxe de vente en ligne de montres. Le concept du site est d’avoir recréé une sorte d’avenue online (façon avenue Montaigne) et de consacrer un corner / boutique à chaque marque. Vous vous baladez sur le site comme vous descendriez une avenue et si la vitrine vous interpelle, vous pouvez entrer. Mais,
Je n’y crois pas.
Tout le monde semble croire que pour « prolonger l’expérience » des marques de luxe sur internet, il faut faire de la 3d, de l’immersif, de la vidéo … Bref, il semble qu’il serait évident qu’une marque de luxe, lorsqu’elle se lance dans le e-commerce, soit condamnée à créer des sites absolument non ergonomiques, pour ne pas dire impraticables.
Donc, quand vous êtes DELL ou APPLE, vous avez le droit de faire un site pratique, efficace, rapide, ergonomique, mais quand vous avez le malheur d’appartenir au groupe Richemont ou LVMH, pas de bol, vous devez faire du waouh. Bullshit.

Les marques de luxe et de mode doivent repenser la notion de luxe sur internet.
Dans une boutique Cartier par exemple, le luxe c’est l’esthétique, l’accueil, le choix …

Pour autant, est ce qu’il faut transposer ces règles sur le web ? J’en doute. Les marques doivent se demander « c’est quoi le luxe sur internet », ou autrement formulé « comment utiliser internet pour créer une relation de luxe avec mon consommateur ». Pour moi, ce luxe ca serait plutôt :
- Un numéro que je peux appeler (ou quelqu’un qui me rappelle dans l’instant) si je vois un produit et que je veux qu’un conseiller se charge de m’envoyer ce produit. Car, soit dit en passant, pour moi le luxe c’est de ne pas avoir à saisir moi-même mon adresse de livraison, mon numéro de carte bleu et mon code porte.
- Un site qui se charge très vite et qui ne me fais pas perdre de temps. Si je veux m’offrir un beau moment, je vais place Vendôme. Si je veux aller vite, je vais sur internet. Le luxe, c’est qu’on me fasse gagner du temps
- Un site qui ne me demande pas de réfléchir. Les interfaces riches (en vidéo) sont souvent peu claires. Où cliquer pour agrandir ? Comment faire retour ? Bref, le luxe c’est « don’t make me think ».
- Un site qui fait comme si l’écran n’était pas une limite, comme si le fait que je sois devant un écran ne m’empêche pas de voir les détails du produit. Pour moi, le luxe c’est une reproduction en 3D du produit qui me montre à quoi le produit ressemble exactement, et non pas un jpg. Sur Watch Avenue, l’interface est en 3D, mais les produits ne le sont pas. J’en ai rien à faire qu’on me reproduise une vitrine en 3D, ce n’est pas ce que j’achète.
Voici en gros 4 raisons pour lesquelles je ne crois pas à ce type de site. Bon, là il faut dire que ce site est particulièrement mal conçu, et qu’il existe je vous l’accorde des exemples d’interfaces riches relativement ergonomiques, par exemple sur le site Fauchon.
Les marques de luxe devraient aller voir ce que font les meilleurs marchands du web. Chez Apple, vous pouvez joindre un conseille par chat ou par téléphone, chez Amazon, on ne vous demande pas de saisir votre CD ou votre adresse, une fois que vous l’avez donné, on l’enregistre. Chez Dell, vous pouvez consulter les avis des autres clients. Le luxe c’est ca. Et le problème c’est que les marques de luxe ont oublié de faire une mise à jour.
décembre 1, 2008 at 11:21 · Filed under Stratégie, Media
Ca fait déjà quelques semaines qu’on en parlait, voici arrivé le nouveau Vogue. La division Web du groupe Condénast, dirigée par Carole Zibi a en effet annoncé la semaine dernière le lancement de la nouvelle version de Vogue.fr.
Le site n’est pas complètement nouveau car il ne s’agit « que » d’une traduction (ou plutôt une localisation) du Vogue italien, déjà remixé il y a quelques mois.
Cette nouvelle version apporte, outre une nouvelle interface graphique, de nouvelles rubriques et plus de rich media. On notera surtout la collaboration avec la brillante Garance qui animera désormais une rubrique orientée « Street Style ».

Pour Vogue c’est également l’occasion de mettre la main sur l’inventaire publicitaire de Garance, quelque peu en friche ces derniers temps (Garance est à ma connaissance en régie chez W2, une division du groupe Lycos Europe qui semble être en train de faire faillite …).
Bref, pour reprendre les propos de Carole Zibi, le nouveau vogue se présente comme un endroit « d’expertise et d’inspiration sur tous les territoires d’expression de Vogue : la mode, la beauté, la culture. Pour cela nous allions le meilleur de deux mondes : la sélectivité du magazine et l’instantanéité et la richesse des contenus de l’internet ».
Stop le CtrlC / CtrlV du communiqué de presse. Je suis sur qu’après ma tirade sur le dernier MenStyle et mon post sur Vioo, vous espérez que je vous livre mes commentaires. Et bien les voici :
Sur l’interface
Je suis un peu déçu de l’esthétique du site. Si je suis un fan inconditionnel de la D.A. du Vogue papier, je trouve que le site a un design trop « à l’américain », c’est-à-dire qu’il use trop des dégradés et des blocs carrés. L’interface est globalement peu lisible et n’est pas vraiment différente de la précédente version. Est-ce que Fabien Baron (D.A. de vogue ) a vu cette esthétique ?
J’ai du mal à expliquer quel est l’intérêt d’avoir placé un gros bouton « L’esprit Vogue online » au dessus du logo. Sans doute est ce pour insister sur le fait qu’il s’agit du site de Vogue ? Je pensais que cela allait de soit. Concernant la publicité, je la trouve là aussi un peu trop présente. Je ne crois pas au double format par page sauf en cas d’habillage, mais ici, on a 2 formats par page et à mon sens cela minimise l’impact de chaque campagne.
Le menu me laisse lui aussi un peu perplexe. Pour accéder à une sous rubrique, on est obligé de passer par la rubrique principale (pas de menu déroulant en sorte). Peu pratique quand on veut accéder à sa rubrique favorite.
Sur les contenus
Les thèmes abordés sont en phase avec ce qu’on aime dans le magazine. L’historique des défilés est d’une grande richesse (il l’a toujours été) mais les articles sont courts et souvent sous forme de news. Résultat, on n’apprend pas forcément plus que sur d’autres sites, surtout que la rédaction de Vogue est un peu moins réactive que les blogs qui publient très rapidement. Autant le magazine a une vraie valeur ajoutée sur les dossiers et les décryptages, autant là on ne retrouve pas cela.
La nouvelle version joue beaucoup sur l’usage des vidéos, mais faut d’avoir utilisé la technologie Flash pour les diffuser (comme le font 90% des sites vidéos), le résultat est pas aussi ergonomique et fluide qu’on pourrait l’espérer. D’ailleurs, les images du site sont souvent de mauvaise qualité (due à une trop grosse compression).
Sur l’approche
Je suis à 200% pour une collaboration entre Garance et Vogue.fr, tout comme le Vogue US collabore avec Sartorialist, mais je trouve dommage que l’aspect social du site s’arrete là. Car s’il y a bien un sujet auquel je crois c’est le potentiel communautaire d’un site sur la mode (ca ne vous aura pas échappé) et je regrette que cette nouvelle version ne soit pas l’occasion de mettre du social à tous les étages. Commentaires, avis des lecteurs, groupes, espace membre, bref, vous voyez de quoi je parle.
D’autre part, Vogue compte dans son équipe de rédactrices les plus brillantes plumes de la mode, les plus garndes expertes. Je trouve dommage que ces gens n’aient pas plus la parole sur le site. On voit sur le site NYMAg/Fashion aux US qu’un blog a été créé (The Cut) pour donner la parole aux éditeurs du site, et j’aurais souhaité voir sur le site Fr une plus grande place laissée aux plumes du magazine et à ses invités (je pense notamment aux photographes de mode)
Stephane Zibi, qui s’avère être le frère de Carole Zibi parle sur son blog de nouvelles évolutions pour 2009 sur les sites du groupe CondeNast et du lancement prochain de Style.fr. On attendra.