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Les marques peuvent-elles être éternelles ?

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Cet article est la reprise d’une note de synthèse qui appuyait mon Grand Oral à Sciences Po. La question “Les marques peuvent-elles être éternelles ?” m’a été posé à l’occasion de cette épreuve qui cloture la scolarité des élèves de l’IEP. Voici comment j’ai répondu.

Résumé

Certaines marques passent dans le langage courant (Walkman, Frigidaires …) , certaines disparaissent (Lux, Rover, Chambourcy …) et  d’autres marquent l’histoire et nos consciences (Virgin, Barbie, Steinway, Concorde …). Pour marquer nos civilisations et devenir « éternelles », les marques doivent entretenir des relations émotionnelles avec les consommateurs. Une relation basée sur une belle histoire, du rêve, des symboles forts … Cela implique pour les marketeurs de changer la façon dont ils conçoivent les produits et gèrent les marques : passer d’un marketing du produit à un marketing de l’expérience. Les marques qui réussissent ce challenge deviennent des marques iconiques éternelles à la valeur inestimable.

Les marques et l’éternel ont en commun d’être impalpables

La marque est un signe distinctif qui permet au consommateur de distinguer le produit ou service d’une entreprise de ceux proposés par les entreprises concurrentes. « La marque s’inscrit dans une logique de différenciation de l’offre  » et peut être matérialisée par un nom propre, un mot, une expression un symbole visuel, ou même un son. La marque constitue un repère pour le consommateur et pour l’entreprise, un moyen de créer de la valeur ajoutée.

Disserter sur la marque est un exercice périlleux car c’est un actif impalpable en tant que tel au point que la définition énoncée ci-dessus ne suffit pas à la cerner. Les marques ne se limitent pas à ce qu’elles sont sur le plan juridique, graphique, esthétique, sémantique … Les marques véhiculent des histoires, promettent des expériences et créent des souvenirs. Elles se construisent et se dépassent. Il en va de même pour l’éternité qui est un état censé être indépendant du temps, une notion qui se dépasse à elle-même tant il s’agit d’un état sans « commencement », ni « fin ». Comme la marque, l’éternité ne peut se suffire à sa définition

Contrairement à l’idée d’éternité (à laquelle font référence la plupart des religions ), les marques sont des inventions récentes. A l’origine, les produits n’étaient rien d’autre que … des objets fonctionnels se distinguant peu les uns des autres. On trouve les premières traces de marques sur des poteries de Mésopotamie  datant de 3000 avant JC. Si ces marques n’ont pas survécues jusqu’à nous, une marque créée quelques siècles plus tard par l’empire romain a encore du sens aujourd’hui. Le nombre de hits enregistrés par S.P.Q.R sur Google se chiffre en milliers par jour, mais ce n’est pas tant pour le Sénat et le peuple de Rome que pour le célèbre jeu vidéo « SPQR, The Empire’s Darkest Hour ».

Les marques qui marquent sont immortelles

L’histoire des marques est truffée de noms célèbres qui ont fini par devenir des termes génériques. Malheureusement, toute la valeur qu’elles ont créée aux yeux des consommateurs risque d’être vampirisée par n’importe qui. Le terme Frigidaire est devenu un mot générique tout comme Vaseline, Fermeture Eclair et Walkman. Ces marques sont devenues, en quelques sortes, éternelles, mais peut-on toujours parler de marque ? Non. En passant dans le langage courant et en perdant le lien avec leur sous-jacent, elles ont perdu leur statut de marque.

Pour devenir éternelle, une marque ne peut se contenter de passer dans le langage courant, ni s’inscrire au vocabulaire de notre langue. L’éternel va au-delà de cela. Néanmoins, devenir éternel est un objectif pour les marques. D’un actif, la marque devient une rente. In fine, un produit ne se justifie plus pour ce qu’il est, mais pour la marque qu’il porte. iPod, Barbie, Steinway, Concorde, Absolut, Disney, Coca-Cola, Nike, Vespa, Virgin … sont des marques qui ont une place dans l’histoire. Pour qu’une marque devienne éternelle, on voit à ce stade qu’il ne suffit pas qu’elle se transforme en un objet impérissable (un mot du dictionnaire par exemple), mais encore faut-il faut que ce qu’elle représente et signifie affecte à jamais nos conscience et nos civilisations.

L’amour e(s)t le mensonge des marques

Pour Kevin Roberts  - CEO de Saatchi&Saatchi - les marques peuvent durablement marquer les individus. Pour cela, elles doivent jouer avec nos émotions. De trademark, elles se transforment en lovemark. Comment ? En inventant et en racontant des histoires légendaires qui donnent l’envie aux consommateurs de vivre des expériences mémorables. Les lovemarks sont alimentées par des récits forts et évocateurs, qui peuvent alors devenir des mythes. Ces histoires rappellent l’aventure du fondateur, de ses produits … Cette approche génère de nouvelles significations, d’autres liens et des sentiments différents. Des liens émotionnels.

Dans son livre « Marketers are Liars », Seth Godin  prend un angle différent, mais arrive à une conclusion assez proche. Pour cet expert en marketing, les marques doivent raconter des histoires si elles veulent survivre. Les gens ne cherchent plus seulement à se procurer un produit ; aussi beau et séduisant soit-il. Les gens demandent aux marques d’être inventives. Dès lors, on ne s’étonnera pas que dans les agences les concepteurs-rédacteurs aient laissé place aux « story-tellers ». Les romanciers sont les nouveaux publicitaires.

Ils ont en commun de considérer que les marques peuvent, et doivent, s’inscrire dans le passé et le présent pour rester présentes dans le futur. Elles doivent créer une part de rêve, s’inspirer des mythes et des icônes pour inspirer à leur tour. Les marques doivent exciter nos sens et jouer sur l’intimité, l’engagement, l’empathie, et la passion. Dès lors, on ne s’étonnera pas que d’un marketing du produit on soit passé à un marketing de l’expérience. Le packaging est délaissé, on s’attache au marketing sensoriel. Le CRM est oublié, on passe au community management. L’information n’est plus à l’ordre du jour, ce qui compte c’est la relation ou mieux, le divertissement et d’edutainment. Les valeurs, les symboles et les déclarations ont laissé place à l’esprit, aux icônes et aux histoires. Est-ce bien ? l’objectif premier est remplit : celui de vendre

Raconter ne suffit pas toujours

Les marques ne naissent pas égales. Certaines portent dans leur ADN les gènes de l’éternité, d’autres pas. Certaines s’usent à force d’avoir été trop utilisées (comme Pierre Cardin qui n’a plus rien de luxueux). D’autres perdent de leur mystère (les consommateurs sont avisés de la façon dont la marque est censée agir sur eux) pendant que leurs sœurs ne comprennent plus le nouveau consommateur. Les marques se contentent de rivaliser avec leur concurrence de façade et s’enferment dans des vieilles formules : nouveauté, changement incrémental, opérations tactiques et évènements … Certaines marques s’étouffent dans leur conservatisme et avant même qu’elles s’en rendent compte, nous les auront oubliées. Ces marques ne sont pas éternelles. Si vous ne voyez pas desquelles je parle c’est normal ; tout le monde les a oubliées.

Alors comment devenir éternel ? Il y a tout d’abord l’histoire. Une belle histoire qui alimente la marque. Avec « Midnight Poison », Dior a renoncé à nous vendre une fragrance, mais nous propose l’histoire de cendrillon remixée par John Galliano, Won Kar-Wai et Eva Green. Les gens sont marqués par les histoires et il ne reste plus aux marques qu’à s’approprier ces narrations pour marquer les consommateurs. Pourtant l’histoire ne suffit pas. Il faut conjuguer cette histoire à tous les temps. Le passé pour donner de la contenance, le présent pour faire vivre, et le futur pour faire espérer. C’est ce que fait Guinness qui partout où il y a un Irlandais et un Pub célèbre son histoire depuis 1759. Tout comme Kellog’s qui sur ces paquets de céréales raconte l’histoire de son créateur.

Quant à Mercedes, la marque ne manque pas de rappeler que son fondateur a inventé l’automobile et que ses successeurs réfléchissent à la voiture de demain. Pour que l’histoire convertisse un prospect en un client, il faut qu’elle fasse rêver. L’ère où les marques perdaient du temps à se concentrer sur les choses que les gens ne veulent pas savoir est révolue. Les nouvelles marques  se contentent de capitaliser sur la part de rêve qu’elles représentent. Pourtant le rêve ne suffit pas, il faut inspirer. Seules les marques qui ont la capacité d’inspirer les gens peuvent marquer. Et pour devenir éternelles, elles doivent se transformer en symboles, en icônes. Le swoosh de Nike, la croix de la Croix Rouge, le petit minois de Hello Kitty ont en commun de ne pas être (que) des logos ; ce sont des symboles qui marquent notre histoire au même titre que la tour Eiffel, l’Opéra de Sydney et même les Tours Jumelles de New York.

Pour donner la vie éternelle à votre marque, prenez donc une belle histoire, conjuguez-la, ajoutez-y du rêve, créez des icônes et inspirez le monde … et vous obtenez un mouvement identitaire, quasi-religieux. Avez-vous déjà vu les images d’un concert du groupe Run-DMC ? Quand le groupe de Hip-Hop chante son titre « My Adidas », toute l’audience se déchausse et tient sa basket en l’air comme les fans de Céline Dion tiennent leur briquet lors de « My Heart Will Go One ». Cela ressemble à une grande messe religieuse. Pourquoi ? Parce que Adidas a réussi à devenir une lovemark au sein de la communauté des rappeurs de la fin des années 90’ à Chicago. L’objet est devenu iconique, l’histoire est légendaire, elle fait rêver et elle a inspiré une chanson. Adidas répondait alors au désir d’ascension sociale des rappeurs, et faisait écho aux revendications de  cette communauté.

Les marques éternelles sont les religions de demain

Qu’est ce qui est éternel ? La religion. Parce que les hommes ont toujours ressenti le besoin de croire en un être suprême  et en ressentiront sans doute toujours le besoin les religions sont éternelles. Les religions apportent-elles aussi des belles histoires, des icones, du rêve… Je suis convaincu que les marques sont les religions de demain. Michael Jordan était plus connu auprès des jeunes américains dans les années 90’ que Jean Paul II. Michael Jordan est une des marques les plus puissantes de la fin du dernier millénaire ; et comme Dieu il a des pouvoirs surnaturels (« il vole ! ») qui ont fait des clients de Nike des « Brand Evangelists ». 

Dimanche 25 Mai 2008, Arte a diffusé un documentaire intitulé « Let’s Play, Boy » dédié à au succès du magazine Playboy et à son créateur, Hugh Hefner, salué par les uns comme une figure emblématique de la révolution sexuelle, décrié par les autres comme un pornographe doublé d’un misogyne. Quoi qu’on pense du personnage, il est incontestable que Playboy n’est pas qu’une marque, c’est un phénomène culturel et sociétal qui a bouleversé l’Amérique. Aujourd’hui, des milliers de personnes collectionnent les objets Playboy et revendiquent les valeurs et la vision de Playboy. Le réalisateur a rencontré l’un d’entre eux. Depuis 20 ans, il achète et collectionne tous les objets et traverse l’Amérique pour découvrir les clubs Playboy. Il attache autant (sinon plus ?) d’importance à ses rencontres avec les « Bunnies » qu’à sa femme et ne vénère personne autant que Hugh, dont il exhibe fièrement la photo prise en sa compagnie à Los Angeles.

De même, il existe une population qui déroge aux codes de la rationalité (même limitée…) : les djs. Cette population se caractérise dans le monde entier par l’usage prosélyte de la platine vinyle Technics SL 1200 MKII. Des consommateurs tellement fidèles qu’ils ont persuadés Technics de relancer la fabrication d’un produit qui a plus de 30 ans alors que les vinyles ont laissé la place aux CD qui ont eux même laissé la place aux MP3. Mais peu importe, pour les vrais djs, la technologie n’a rien apportée et seule compte  la « MKII ». Et si vous ne me croyez pas, allez parler à un dj, faites-le parler de ce produit et vous aurez l’impression d’entendre un évangélisateur. A ce moment là vous serez convaincu d’une chose : les marques peuvent devenir éternelles, et les religions ont du souci à se faire.

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Romain said,

août 18, 2008 @ 17:26

Cher Olivier, je retrouve avec un plaisir non dissimulé ton style d’écriture.
Une réserve sur le fond bien sûr : ta comparaison avec le religieux me paraît trouver rapidement ses limites. Mais tu as raison : les marques “chassent” sur la dimension spirituelle de l’homme parce que ça marche ! Personnellement, ça m’inquiète plus qu’autre chose, mais certains argueront de ce que la guerre des marques fait moins de mal que les guerres de religion (quoique l’étude comparative des conséquences sociales de la place croissante du dieu “consommation” et de la disparition du religieux pourrait être passionnante).
Bravo pour ce sujet ! A bientôt,
Romain.

charles said,

août 18, 2008 @ 20:04

Bonjour,
Ton sujet d’étude est très intéressant.
La marque a t’elle déjà existé sans expérience? L’expérience n’est elle pas avant tout une marque?
Quelle est la différence entre une marque, une star, une idole, un mythe, une légende,……et dieu?
La croyance de dieu est elle une marque?
Est ce que l’expression “dieu du stade” aurait pu être inventé dans un monde sans marques?

Tu énonces très intelligemment que “les marques sont les religions de demain”, mais “les religions n’était-elles pas déjà les marques du passé?”
La seule différence entre une marque et une religion est que la première idolâtre le matérialisme et l’autre le spirituel (ce qui n’est pas palpable par l’homme).
D’un point de vue personnel la marque a toujours était une religion pour la plupart des hommes car très peu perçoivent l’essence même de la spiritualité.
En tous les cas ton étude est remarquable après c’est une question de point de vue

charles

Olivier said,

août 19, 2008 @ 11:15

Romain, en effet la comparaison avec le religieux n’est pas des plus évidentes. La question m’a d’ailleurs été posée pendant l’oral. En fait, ce qui m’intéresse dans cette comparaison est de montrer que (à mon sens), ce qui fait que les gens croient / se projettent dans une religion est également ce qui fait qu’on peut se projeter sur une marque. J’ai remarqué à NYC que la communauté black particulièrement active dans les églises de brooklyn est la meme que la communauté black très attachée à des marques “bling bling” : la façon dont on extériorise ton attachement religieux est proche de la façon dont on extériorise son choix d’une marque. Globalement (et avec mon regardé d’athé), je trouve que certaines personnes ont “besoin de croire en quelque chose qui les dépasse” ; cela peut etre une religion (approche du philosphe Pascal sur la religion) ou une marque. Et maintenant que les marques sont “ultra puissantes” leur rayonnement est comparable à celui des religions. Pour moi, la boutique Vuitton des Champs est comparable à une basilique / cathédrale pour une religion : l’aspect symbolique est proche. On pourrait filer la métaphore longtemps, mais je pense que tu me suis. Quoi qu’il en soit, pour le marketing, c’est intéressant d’analyse comment les religions entretiennent des relations avec les croyants car quand on transpose ce modèle sur les marques, c’est très puissant. Est ce que c’est sain ? Qui suis-je pour en juger ! Moi, simple mortel.

Charles, concernant ton commentaire rejoint un peu mes remarques. Je pense qu’il faut s’intéresser à la notion “d’icones”. Comment les icones naissent et que représentent t-elles ? On a des icones religieuses comme on a des icones marchandes (le Chanel n°5, la Nike Air Jordan, la Mini ..). A un moment, l’objet dépasse ce qu’il est et sa définition est nécessairement émotionnelle / subjective.

Concernant les expériences, et le lien à la marque, je défends l’idée que la marque EST une expérience. S’il n’y a pas d’expérience (meme ‘light’), alors il n’y a qu’un nom ou un logo. La marque est nécessairement narative (voulu ou malgé elle).

MariannaF said,

août 20, 2008 @ 20:50

Olivier, je vais peut etre ecrire une partie de ma reponse en anglais pque avec mon Francais je suis pas sur que ca va etre comprehensible. Je trouve ton sujet tres interessant, d’ailleurs j’ai tjs ete fascinee par les marques, le brandng etc. A propos de ta reference sur les religions, je suis plus ou moins d’accord avec toi, mais je trouve que le mot “religion” est peut etre un peu trop “fort”…? Peut-etre j’utiliserais plutot le mot “croyance” que religion ou la notion de tribu (tribes) et l’idee qu’une marque peut donner “espoir” (faith, like a spiritual faith) a une personne. Bref, en faite je ne sais pas quel est le bon mot a utiliser, est d’ailleurs ce n’est pas le sujet principal. Mais quand on regarde une pub par ex, la marque transmet une promesse au consommateur dans le style “if you believe in me, you will be rewarded..have faith in me”. Donc la notion de vraiment “croire” dans une marque comme on peut croire en un dieu dans les religions. Il y a bcp de parallles entre les marques et la religion, je pourrais citer bcp plus d’examples mais je pense que mon commentaire ne finirait jamais… Un autre point qui m’a tjs interessee est le role de la femme vis a vis les marques et le marketing. Pquoi est-ce si souvent que le “target consumer” soit la femme?? Les marques ont t’elle un effet encore plus puissant selon le sexe de la personne? Anyway, your post was v.interesting to read… and this kind of subject can lead to hours worth of insightful debate.

MariannaF said,

août 20, 2008 @ 20:56

Et puis P.S: now that I think of it, I have to say that I disagree with your point of brands being the religions of tomorrow. Religion is indeed a strong word- I would stick to tribes. Don’t forget, religions such as Christianity, Judaism, Islam have been existing for thousands and thousands of years. Could you even compare this to say for instance Coca-Cola or similar post WWII brands that havent even existed for a century? So I’d really much rather say consumers belonging to “brand tribes” then “religions” in the future. And most importantly, do not forget that brands are driven by business, profits and brand equity- it’s all about the business- , whereas this notion does not exist in religion (or at least it shouldnt incase some people accuse that it does).

Olivier said,

août 20, 2008 @ 22:17

Marianna ; c’est cool de te croiser sur mon blog. La dernière fois c’était lors d’une soirée Deep House en boite de nuit n’est ce pas ? Il y a quoi … 2 , 3 ans ? Tu as raison pour la notion de croyance ou de religion. Croyance est plus adapté que religion BUT parler de religion donnait plus “d’impact” à mon sujet et me permettait de mieux faire passer le message pendant mon Grand Oral. Evidement on ne peut pas comparer les deux en tant que tel ; je pense juste que c’est intéressant de regarder l’un au regard de l’autre.

Sabri said,

septembre 23, 2008 @ 11:24

Bonjour Olivier,

J’interviens un peu tard sur ce sujet que je viens juste de découvrir en même temps que ton blog…Ce thème est en effet d’autant plus intéressant qu’il pose la question de notre désœuvrement (ou solitude spirituel) et de son nouveau remède: la marque. Encore une tentative pour remplir l’existence après la religion, la politique, travail famille patrie etc…Je crois ( :) ) qu’on peut vous réconcilier Marianna et toi en disant que les marques sont des sectes plutôt que des religions. Les sectes s’appuient sur des fortes croyances sans avoir gagné pour autant le statut de religions qui se situent à un niveau supérieur au niveau de l’adhésion, de la légitimité historique et surtout de la “pureté” des sentiments, des intentions, du dogme…En bref quand on devient accro à une marque on rentre plus dans une secte que l’on suit une religion…On s’en rends compte quand on voit le comportement des fidèles…Quand je veux une paire du Dolce & Gabanna hors de prix: j’adore l’objet de mon culte parce qu’il pourrait me faire accéder à mon rêve…mais je le déteste en même temps parce qu’il est inaccessible (250 euros…ça va pas non?) et qu’il rends mon rêve encore plus difficile à atteindre. Bon je dois retourner bosser mais l’idée que je voulais passer c’est que la marque (et même son expérience) est une secte plus qu’une religion: on l’aime, on la déteste, on en a besoin pour de mauvaises raisons, on lui est vite infidèle (on change de marques plus souvent et plus facilement que de religions). La marque et son expérience se consomment. Elles sont au service le l’Homme. Alors que l’Homme est au service des religions et des Dieux…

Emilie Delaval said,

novembre 7, 2008 @ 16:13

Au fait, comment ça s’était passé avec le jury ? Pour quelle note ? J’ai eu le même sujet que toi :)

Olivier said,

novembre 8, 2008 @ 13:11

Ca s’est bien passé. Ils m’ont mis 16. ca rattrape mes notes en statistiques …

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